Photo : Emmanuel Mannoury, président de l’Union Auboise, lors de l’assemblée générale à Bar-sur-Seine.
Explosion des droits de douane américains, inflation, baisse de la consommation d’alcool en France… Malgré un contexte difficile, l’Union Auboise, coopérative régionale de la Côte des Bar, garde le cap et affiche même des résultats positifs pour l’année 2025.
« L’année 2026 sera une année difficile, placée sous le signe de la résilience. » L’intervention de Fabrice Defert, vice-président de l’Union Auboise lors de l’assemblée générale, jeudi 25 juin, résume l’intention posée par la coopérative régionale de la Côte des Bar. Maintenir le cap, renforcer la collaboration et traverser les crises par la coopération. Une stratégie qui semble payer puisque le chiffre d’affaires de l’Union Auboise sur l’année 2025 s’élève à 95 955 714 € (contre 85 446 000 € en 2024). Une belle année, compte tenu du contexte.
À la conquête de nouveaux marchés
Fort de ses 490 adhérents qui produisent et récoltent sur 933 hectares en champagne, l’Union Auboise mise sur la commercialisation de ses propres marques, avec en tête sa référence le champagne Devaux, qui a fêté cette année ses 180 ans. Les ventes, 48 % du chiffre d’affaires, enregistrent pourtant un léger recul. Pour tirer son épingle du jeu, le groupe a procédé à certains arbitrages, comme l’augmentation de ses prix aux États-Unis : « Le prix moyen bouteille en rayon est passé de 52 à 62 dollars pour compenser taxes et douanes. Les consommateurs américains l’ont senti mais leur confiance perdure, les ventes restent stables », détaille Fabrice Defert.
Boire moins mais boire mieux
Face à un contexte géopolitique tendu, le groupe veut anticiper. « C’est l’opportunité d’aller à la conquête de nouveaux marchés – Asie du Sud-Est, Inde, Afrique, Amérique latine », a déclaré le directeur général Pascal Dubois. Anticiper aussi l’état du vignoble, car même si la vendange 2025 a présenté un bon niveau alcoolique et aromatique, le directeur œnologie Michel Parisot a rappelé la volonté de l’Union de récolter des raisins à maturité pour obtenir des vins plus sucrés et moins acides. Et cela passe aussi par l’âge du vignoble : 36 ans en moyenne (+11 ans par rapport à 2005). Pour stopper le vieillissement, qui entraîne la chute du nombre de grappes au m², une perte de densité et moins de résilience de la vigne, il faudrait arracher 3 % (soit 1 000 ha) par an.
Pendant ce temps, en France, la consommation d’alcool a baissé de 23 % depuis 2000. Une tendance de consommation que Pascal Dubois nuance : « La tendance est de boire moins mais mieux, et c’est favorable pour le champagne qui bénéficie d’une belle réputation internationale, associée à l’idée de fête, de célébration et d’excellence ».
L’Union Auboise s’est aussi félicitée de ses partenariats sportifs et stratégiques, notamment celui, historique avec L’Estac, dont la montée en Ligue 1 constituera une belle vitrine.



