Photo : Est-Eclair édition du 16/08/2026

La partie « chronologique » du musée et les explications du guide-vigneron Benoît Tassin permettent de comprendrela lente évolution de la bouteille de champagne.

Celles-sur-Ource. C’est une visite commentée de son petit musée instructive   et surprenante que vous propose Benoît Tassin, un vigneron passionné   par le champagne et son métier. Rendez-vous dans la cave voûtée…

Avec 14 ou 15° au thermomètre – comme dans une grotte – on est bien, très bien dans la cave voûtée de Benoît Tassin, à Celles-sur-Ource. C’est là qu’il a installé son Musée des bouteilles anciennes, qui accueille entre 1 400 et 1 500 visiteurs par an (dont 30 % d’étrangers, surtout des Belges et des Hollandais), des clients mais pas que, indique-t-il.
Comme la Maison du temps qui passe à Landreville, ce petit musée est né d’une exposition devenue permanente : « J’ai eu envie d’aller plus loin que la simple visite de cave avec dégustation à la fin en ajoutant une dimension patrimoniale« .
« Au fil des années, par des recherches, mon commentaire s’est étoffé. Avec 300 visites animées chaque année, je le connais par cœur ! De la même façon, j’ai rajouté des vitrines, des bouteilles, des verres, etc. « , confie ce récoltant-manipulant, qui travaille dans le champagne depuis les années 1980.
Avant de conduire les visiteurs dans le musée, Benoît Tassin (ou sa fille Cyrielle, également guide à ses heures) les amène au pied du pressoir pour parler de son métier et de l’élaboration du champagne. « On ne presse pas (le raisin) trop fort pour éviter le goût herbacé », explique-t-il en précisant qu’«  avec 4 000 kilos de fruits, on fait 2 500 litres de jus de raisin ». Après, «  le jus clair est pompé pour lancer la fermentation alcoolique » ; quant à la champagnisation, «  elle se fait à partir de la mise en bouteille ».
Le cul et l’épaule
Des bases qui permettent de mieux comprendre la suite – des plus intéressantes – devant les trois vitrines retraçant l’évolution de la bouteille de champagne du XVIII ème au XX ème siècles. « Au départla bouteille avait une fonction de service; à partir du XVème , elle a été utilisée pour la conservation. Plus tard, on lui a ajouté un « cul » et une « épaule » prononcée afin que le dépôt reste au fond, et un muselet pour que le bouchon ne saute pas », montre Benoît Tassin.
Dans et sur les vitrines, des vieilles bouteilles retrouvées dans la propriété familiale, au château de Renault et dans des fermes de Saint-André-les-Vergers, sont présentées dans leur diversité, avec un col étiré, l’épaule supprimée, une bague ajoutée, etc., 1840 étant une « date charnière » dans cette évolution (par exemple avec l’arrivée de la plaque de muselet permettant d’«  éviter que les rats rongent les bouchons »).
« Le standard actuel (75 cl contre 77 cl) existe depuis 1972 », fait-il remarquer avant de passer à la vitrine des coupes et flûtes (celle à grain d’orge avait «  des facettes pour donner de la « brillance » à un vin parfois trouble »).
D’autres curiosités émaillent la visite (bouteille de liqueur troyenne Sester, verres de Bligny, machine à nettoyer les bouteilles fabriquée « maison », pierre gravée d’une ancienne abbaye, mystérieuse statuette décapitée…), qui s’achève au bar avec du champagne Tassin, merci Benoît !