Baroville. Recycl’vignes, l’initiative de la maison de champagne Urbain pour le recyclage   des bois de vignes, mise en place il y a trois ans, a déjà conquis le Barséquanais.  En revanche, les responsables souhaiteraient davantage conquérir le Barsuraubois,  qui reste encore timide.
C’est un projet qui a pris le temps de se mettre en place, de s’affiner, de se modifier et de convaincre les viticulteurs. Depuis près de trois ans, la maison de champagne Urbain, basée à Baroville, a mis en place un projet de recyclage et de revalorisation des bois de vignes. Si l’activité ne cesse de se développer et de s’accroître, Alexis Urbain, à l’initiative de Recycl’vignes, constate que le secteur le plus demandeur n’est pas le Barsuraubois, mais le Barséquanais. « On récupère beaucoup plus de matière dans le Barséquanais que dans le Barsuraubois, il y a des villages où nous ne sommes jamais allés, assure Alexis Urbain. Je pense que les viticulteurs n’ont pas encore le réflexe de nous contacter. »
Si la période actuelle est propice à la taille de la vigne, d’autres viticulteurs sont en train d’arracher certaines de leurs parcelles, avant de replanter au printemps. C’est à ce moment qu’intervient le service Recycl’vignes. « En ce moment, on récupère les souches de vignes, et en mars, nous irons récupérer les charpentes issues du bois de taille », explique le viticulteur. Le concept est plutôt simple. Une fois le travail de taille ou d’arrachage terminé, le viticulteur contacte la maison Urbain afin que les bois de vignes soient récupérés. Ils seront ensuite passés dans un broyeur, puis dans un crible, afin de séparer les particules fines du bois de chauffage.
Un service local
Ce service, 100 % gratuit, est disponible dans toute la Côte des Bar. Dans les secteurs où la demande est la plus forte, les viticulteurs peuvent retrouver des points de collecte, comme à Champignol-lez-Mondeville, Landreville ou encore Les Riceys. Ce dernier représente le plus gros point de collecte du secteur.
Une fois broyé, le bois est revendu à des chaufferies, notamment à une filiale d’Engie, qui vient directement sur place, récupérer la matière, « ils gèrent la partie est de la France donc on reste dans une démarche locale ». Si la vente ne s’effectue qu’aux professionnels pour le moment, c’est parce que mettre en place de la vente aux particuliers demanderait un travail plus conséquent, et plus de temps. « Si on voulait, on pourrait mettre quelqu’un à plein temps, qui ne s’occuperait que du recyclage des bois. Il aurait du travail tous les jours mais pour l’instant, on souhaite rester dans une activité agricole, pas industrielle. Notre préoccupation principale est le recyclage des bois de vignes. »
Le volume récolté ne cesse de s’accroître, « depuis le début, on est presque à 15 000 m 3 ». Face à cette ampleur, Alexis Urbain ne se ferme aucune porte. « On réfléchit à acheter nos propres machines de broyage et de criblage », assure l’intéressé. À l’heure actuelle, ces machines sont fournies et utilisées par Agricompost, un prestataire local. Un autre projet de développement est en cours de réflexion, l’agrandissement de la plateforme de broyage, « l’espace devient petit ». Mais le terrain, appartenant à la commune, ne peut pas être modifié si simplement. C’est pourquoi, le viticulteur réfléchit à d’autres possibilités, « l’idée est d’avoir assez d’espace pour broyer et stocker, mais surtout anticiper la suite pour ne pas avoir à agrandir chaque année ». Alexis Urbain souhaiterait également installer, dans un projet futur, un bâtiment de stockage en bois, avec des panneaux solaires.
Une démarche écologique
Le bois de vignes ne peut être brûlé dans les parcelles, ni ailleurs, sous peine d’une amende de 135 euros. Cette interdiction est posée par l’article L541-21-1 du Code de l’environnement. « Ce qu’on veut, c’est rester sur le côté environnemental, donc des échantillons partent en analyse régulièrement pour s’assurer qu’il n’y a aucun résidu, ni aucune maladie dans la matière qu’on revend en chaufferie », tient à affirmer le viticulteur. L’un des autres objectifs de la maison Urbain, est d’optimiser le transport, « on veut rester uniquement sur la Côte des Bar pour limiter les frais de transport ».
Cette démarche, unique dans le département, a pour vocation de faciliter le quotidien des viticulteurs, et de recycler un bois qui n’avait que très peu d’avenir. « On propose un service gratuit mais en échange, on demande que la matière soit propre », insiste Alexis Urbain. Pas de clou, de piquets ou d’autres déchets qui ne seraient pas compatibles avec un recyclage optimal.
Champagne Urbain
4 rue de la Côté-Sandrey 10200 Baroville.
Tél. 03 25 27 00 36 – 06 82 97 16 39.