Loches-sur-Ource. La famille Amyot travaille dans les vignes depuis quatre générations, mobilisant chaque année saisonniers locaux et coupeurs polonais pour la vendange sur leurs vingt hectares de vignes.

Photo : À gauche, Bertrand et son fils Roland. À droite, Vincent et son épouse Annick. Quatre piliers pour cette entreprise familiale. Article d’

L’ambiance festive et agitée des vendanges est quelque peu redescendue lors des derniers jours de récolte au sein de la maison Amyot, à Loches-sur-Ource, qui accueille, en ses murs, une petite cinquantaine de salariés sur cette période. Parmi eux, trente personnes récoltent le raisin dans les vignes. C’est le cas notamment d’une équipe de six personnes à la tâche et d’une équipe à l’heure composée de personnes des alentours et aussi de coupeurs polonais fidèles au poste depuis des années.
« Nous avons toujours ce même noyau d’une dizaine de coupeurs qui viennent chaque année avec des personnes nouvelles et que l’on retrouve encore des années plus tard. Cette année, ils sont 17. Au départ, c’est Lukasz, qui fait sa 17 e vendange chez nous, qui a constitué une équipe et qui organise le trajet depuis la Pologne, avec deux minibus », précise Annick Amyot, l’épouse de Vincent qui a en charge l’encadrement de l’équipe à l’heure dans les vignes, principalement situées à Loches-sur-Ource et Essoyes mais aussi à Courteron et Chacenay.
Janine, la maman, n’est jamais loin
Et, à les voir aussi souriants, on comprend que l’accueil est bon, l’hébergement moderne et confortable, et la cuisine est presque intégralement préparée sur place pour l’ensemble des travailleurs par une petite équipe de trois dames dont Véronique, dernière de la fratrie. À noter que la maman, Janine, maintenant octogénaire, n’est jamais bien loin et elle apprécie l’ambiance vendanges.
L’acheminement des caisses, vides et pleines, est assuré par cinq personnes, dont Bertrand, l’aîné de la fratrie. Bien que l’entrée du bâtiment soit la même depuis sa création, dans la rue du Tertre, quelque peu étroite, les installations intérieures mises en place depuis 2000 permettent une meilleure qualité de travail avec un espace plus en adéquation avec les besoins du moment. Là, un pressoir de 8 000 kilos tourne environ deux fois par jour. Vincent, le cadet, se souvient que par le passé les caisses pleines encombraient le quai de déchargement devant le pressoir de 4 000 kilos et « parfois le soir, on avait déjà deux pressoirs en attente pour la nuit ou le lendemain matin tôt ».
En cuverie, Vincent travaille avec son neveu Roland, installé dans l’entreprise familiale depuis trois ans, après avoir obtenu un BTS en viticulture-œnologie et une licence conduite stratégique de l’exploitation viti-vinicole. « Nous sommes les troisième et quatrième générations à travailler ici puisqu’on est récoltant manipulant depuis les années 1930, au départ grâce à mon arrière-grand-père Roland, puis grâce à mon grand-père Robert. Nous sommes une équipe de dix personnes à travailler à temps plein, sans compter les saisonniers ponctuels. »
Cette année, et c’est le cas pour tout le monde, le rendement est en deçà des espérances. « Nous estimons que le manque d’eau, la sécheresse, nous ont privés d’environ 40 % de la récolte. Par contre, les raisins sont de belle qualité et on sera sur un millésime intéressant », ajoute Roland. La maison élabore, sur place, sept cuvées différentes composées de cépages répartis sur presque vingt hectares : le pinot noir, le chardonnay et le pinot blanc qui permet notamment la commercialisation depuis 2024 d’une cuvée très prisée 100 % pinot blanc, emblématique de la Côte des Bar. Au total, la maison Amyot vend environ 130 000 bouteilles chaque année.