Photo : Le cahier des charges de l’appellation Champagne impose un titre alcoométrique volumique total de 13 %, après prise de mousse. Archives Thomas Bonutto – Article édition du 28/08/2026 Est-Eclair (Journalistes :

Du jamais-vu dans l’histoire de la Champagne : le Syndicat général des vignerons a déposé une demande pour permettre de produire des champagnes à plus de 13 % après prise de mousse…
Et si les jus issus de cette vendange étaient trop alcoolisés pour permettre légalement de produire le roi des vins ?
Cette question s’est posée dès le début des vendanges, et c’est pour y répondre que le Syndicat général des vignerons (SGV), qui est aussi l’Organisme de défense et de gestion de l’appellation, a déposé une demande de modification temporaire du cahier des charges. Pourquoi ? Tout simplement parce que ce cahier des charges stipule qu’ « après enrichissement, les vins ne dépassent pas, après prise de mousse, le titre alcoométrique volumique total de 13 % ».
Le TAV, c’est quoi ?
Le titre alcoométrique volumique, TAV pour les intimes, est tout simplement ce que le commun des mortels appelle le degré d’alcool et la demande faite par le SGV doit « permettre aux opérateurs de pouvoir dépasser le TAV maximum de 13 % pour les vins tirés en 2027 sur une base 2026 issus d’un assemblage de vins enrichis et non enrichis », comme l’explique le syndicat.
Une explication de texte s’impose. Pour l’instant, en Champagne, le degré moyen constaté à la vendange est « supérieur à 11,5 % », remarque Sébastien Debuisson, le directeur des services techniques du Comité champagne. Ce chiffre, bien sûr, n’est pas définitif et il pourrait bien approcher des 12 % lorsque les dernières grappes seront rentrées.
Avant de commencer à dire que, à 12 %, les Champenois sont dans les clous, il ne faut pas oublier que le champagne est le fruit d’une double fermentation alcoolique et que la seconde, la prise de mousse qui a lieu en bouteille, donne, en plus de la bulle et d’un catalogue aromatique supplémentaire, entre un degré et un degré et demi d’alcool en plus. 11,5 plus 1,5, ça fait 13, et quand on sait que certains secteurs ont été vendangés à plus de 12 %, à la fin, les 13 peuvent être dépassés, ici ou là.
Et l’enrichissement ?
Pour les vins de 2026 qui n’ont pas été enrichis en sucre (la limite, cette année, était de 1,5 % d’alcool potentiel), la limite des 13 % d’alcool ne s’impose pas et c’est la réglementation européenne qui prévaut. L’Organisation du marché commun, qui date de 2013, précise ainsi que le TAV maximum de la catégorie « vin » (dont le champagne, qui est un « vin mousseux de qualité », fait partie) est de 15 %. En tout cas, pour la zone B, qui inclut la Champagne, et en dehors d’un certain nombre de cas particuliers.
Que va-t-il se passer ensuite ?
La demande du SGV doit être examinée par l’Inao, l’Institut de l’origine et de la qualité. Cet examen pourrait avoir lieu le 8 septembre. La décision sera, en tout cas, connue bien avant les premiers tirages des vins de la vendange 2026, qui ne peuvent pas avoir lieu avant le 1 er  janvier 2027. Cette modification temporaire, en tout cas, est un signe « de l’agilité de nos organisations », remarque Maxime Toubart, le président du Syndicat général des vignerons.