Photo : Pendant l’hiver, le froid et la neige permettent à la vigne de se ressourcer. Comme ici, à Baroville.

Barsuraubois. Avec la neige et les températures négatives, les vignes entrent en dormance, un temps de repos qui les protège avant le printemps. Pendant cette phase, les viticulteurs mettent la taille de côté et se consacrent à d’autres travaux.

Après les chutes de neige du début de semaine, les vignes du Barsuraubois ont pris des allures hivernales. Des épisodes attendus par les vignerons, car, contrairement aux idées reçues, le froid est nécessaire au bon cycle de la vigne, même lorsque le mercure frôle les -4 degrés. « Le froid n’impacte pas beaucoup, confirme Laurette Leveillé de la maison Joël Thierry, à Bergères. Ça impacterait s’il faisait -20°C, -25°C degrés. Là, ça fait du bien à la vigne. »

Une période de repos bénéfique

Le froid modéré et la neige ne posent donc pas de problème : ils sont même bénéfiques, notamment en favorisant la recharge des nappes phréatiques et en assainissant les sols. « Tant que les bourgeons ne sont pas sortis, les viticulteurs restent sereins » , explique la viticultrice.

Cette période de calme est bienvenue. « Le mois de Janvier, c’est souvent la pause pour tout le monde , poursuit Laurette Leveillé. La vigne fait son cycle, tout reprendra avec le printemps. Ça permet de remettre un peu d’eau dans les nappes phréatiques. Ce n’est que du positif. » Un sentiment partagé par Olivier Martin, directeur général de la coopérative du champagne de Barfontarc, à Baroville : « Le froid détruit les mauvaises herbes et les parasites, donc c’est plutôt une bonne nouvelle. »

Le travail se déplace

En raison des températures négatives, aucun travail de taille n’est prévu dans les vignes du Barsuraubois. « Cela devient risqué en dessous de -5°C degrés, avec un risque de gel profond. On reprendra dès que les températures sont positives, sans doute en début de semaine prochaine » , annonce Olivier Martin. « On suit la nature, explique Laurette Leveillé. Il y a eu la taille de faite entre novembre et décembre, là, ça permet de souffler un peu et bien repartir. »

«Le froid détruit les mauvaises herbes et les parasites, donc c’est plutôt une bonne nouvelle.»

D’autant que ce mois de janvier 2026 contraste avec celui de 2025, où les températures étaient « plus douces » . Une pause bénéfique qui devrait rassurer les viticulteurs pour la saison à venir, quant au développement des bourgeons, voire à la qualité de la récolte. « Le début de saison a été clément, la pluviométrie a été favorable » , se félicite Olivier Martin.

Mais pas question de chômer. En période de froid, le travail se déplace et les équipes se concentrent davantage sur la cave, l’habillage, l’entretien du matériel ou la gestion administrative. Le froid et la neige permettent ainsi aux viticulteurs du Barsuraubois de se concentrer sur d’autres tâches, tout en respectant le rythme naturel de la vigne, avant une reprise progressive de l’activité. Travailler dans le vignoble, c’est apprendre à suivre le tempo de la vigne : elle seule sait quand le raisin est prêt.