Photos : La signalétique « Coteaux, maisons et caves de Champagne » inscrite à l’entrée du champagne Monial, à Colombé-la-Fosse. – (Armand Patou) – Journaliste à Bar-sur-Aube 

Pendant deux jours, la vallée de l’Aube a vécu au rythme de la Route du champagne en fête. Samedi 1er et dimanche 2 août 2026, des milliers de visiteurs ont poussé les portes des caves, découvert les cuvées des vignerons et parcouru les villages viticoles entre l’Aube et la Haute-Marne.

Mettre en lumière les paysages

Mais au-delà des dégustations, cette 31e édition portait aussi une autre ambition : mettre en lumière les paysages qui font la singularité de la Côte des Bar et rappeler leur inscription, depuis 2015, au patrimoine mondial de l’Unesco au sein de l’ensemble « Coteaux, maisons et caves de Champagne ».

40 % des visiteurs viennent pour la première fois

Au-delà des dégustations, les caves ouvertes ont ainsi multiplié les événements œnotouristiques pour inviter le public à découvrir les paysages viticoles, les villages et le patrimoine local. « Des expériences de découverte au sens large sont proposées tout le week-end, précise Étienne Bertrand, président de Cap’CQue ce soit des balades à vélo électrique dans le vignoble, des visites en petit train pour faire découvrir les vignes et le panorama, ou encore des initiations à la dégustation de champagne. »

Un enjeu d’autant plus important que près de 40 % des visiteurs mettent les pieds pour la première fois sur la Route du champagne, selon l’organisation. « Les gens présents pour la première fois ignorent tout ce savoir-faire. On met les moyens pour que les gens aient accès à ce patrimoine. »

Une reconnaissance à mieux faire connaître

Si la Route du champagne a constitué une vitrine de choix, plusieurs acteurs estiment que le travail de valorisation doit se poursuivre tout au long de l’année. C’est le cas de Fabrice Antoine, maire de Champignol-lez-Mondeville et présent lors de cette édition.

Un an après avoir regretté le manque de visibilité de l’inscription au patrimoine mondial de l’Unesco dans le secteur de Bar-sur-Aube, il observe des avancées. « L’année dernière, le petit train était aux Riceys pour la Route du champagne. Aujourd’hui, il est dans le secteur de Bar-sur-Aube. C’est une chance pour faire découvrir le territoire. »

Pour l’élu, l’enjeu est aussi de mieux expliquer ce que représente cette inscription. « L’ensemble “Coteaux, maisons et caves de Champagne” n’est ni un label ni un classement. C’est un critère de qualité reconnu par les visiteurs. Chacun est libre de mettre en avant l’histoire locale, la viticulture ou le patrimoine. »

Créer une expérience

Selon Fabrice Antoine, cette singularité est particulièrement appréciée des visiteurs étrangers, notamment belges, néerlandais ou anglais. « Ce qu’ils recherchent, c’est cette identité du territoire. »

Une visibilité qui progresse aussi sur le terrain, avec la pose de panneaux rappelant les communes labellisées, comme récemment à Rouvres-les-Vignes. « En parler, c’est une chose, mais il faut aussi préserver nos territoires. » Pour l’élu, l’œnotourisme est un levier essentiel. « Les gens recherchent une expérience, à se créer des souvenirs, pas uniquement la visite d’une cave. Le patrimoine mondial ne concerne pas seulement les vignerons, il concerne tout le monde. »

L’enjeu est désormais de faire vivre cette inscription tout au long de l’année.

Pour mettre en avant les paysages inscrits au patrimoine mondial de l’Unesco, des visites en petit train étaient organisées, comme ici à Colombé-la-Fosse. – S.Mu (Est-Eclair)