L’appellation tranquille de la Champagne va-t-elle dominer les vins de cette vendange 2026 ? Sans doute pas, mais il y aura probablement plus de coteaux cette année que d’habitude.
Photo : Au pressoir de la coopérative La Vigneronne de Serzy-et-Prin, le 26 août 2026. Yann Tourbe – Est-Eclair – Edition du 08/09/2026
« Pour la maison Gosset, une partie de la vendange 2026 ne deviendra pas du champagne. » Voilà un communiqué de presse qui a fait couler de l’encre. Le champagne Gosset renoue donc avec les coteaux champenois à l’occasion de cette vendange inhabituelle ? Oui, et non. Disons que, une fois l’effet de communication passé, il y a tout de même quelque chose à en tirer.
« On a une matière exceptionnelle »
Si le vin tranquille de la Champagne a eu son heure de gloire, c’était avant les années 80 (au maximum : quatre millions de bouteilles en 1978) et, aujourd’hui, même si la qualité de la production est devenue extrêmement relevée, l’heure reste à la bulle. Odilon de Varine, le chef de cave et directeur général adjoint de la maison, en convient, même s’il estime que le coteaux-champenois mériterait d’être « poussé » un peu plus. Reste que pour le vinificateur, qui a toujours « travaillé les vins sur lies longtemps », les jus de 2026 sont « intéressants » : « Analytiquement, on est sur des vins qui ressemblent plus à des vins tranquilles qu’à des effervescents. » Surtout « dans une année où on n’aura pas beaucoup de vin », « on a une matière exceptionnelle à travailler, même sur les blancs, on va avoir des choses superbes ! »
Un demi-million de bouteilles
Alors, le coteaux-champenois est-il l’avenir de la Champagne ? Même si on ne dispose plus de statistiques séparées pour l’appellation coteaux-champenois depuis celles de l’an 2000, on sait qu’il ne s’agit que d’une goutte tranquille dans un océan de bulles : peut-être un demi-million de bouteilles par an, sur les 270 millions de bouteilles expédiées qui sont, pour l’instant, la nouvelle norme de la Champagne.



