Les dignitaires (en bleu), accompagnés des nouveaux chevaliers intronisés à la Commanderie du Saulte-Bouchon Champenois.

Champagne, serments et anecdotes : un chapitre de la Commanderie du Saulte-Bouchon Champenois plein d’humour

Le peintre Costam, accompagné de son modèle Aurélie, et des dignitaires, dont le grand-maître, Jean-Pierre Vézien.
Bar-sur-Aube. Salle comble, costumes d’époque et champagne à l’honneur : le 165 e chapitre de la commanderie du Saulte-Bouchon champenois, organisé ce samedi à l’auditorium de musique, a célébré le vignoble aubois dans une ambiance aussi solennelle que joyeusement décalée.

Ce samedi, l’auditorium de musique de Bar-sur-Aube affichait complet. À l’occasion du 165ème chapitre de la Commanderie du Saulte-Bouchon, vignerons et acteurs du territoire étaient réunis pour célébrer le champagne aubois. Si la cérémonie respecte un protocole bien établi, elle a aussi été rythmée par de nombreuses anecdotes, provoquant rires et sourires dans la salle.
Le nom de Saulte-Bouchon fait référence au vin pétillant découvert par les moines au XVII ème siècle, ancêtre de ce qui deviendra plus tard le champagne.

Une tradition bien ancrée

Autour de Jean-Pierre Vézien, grand-maître depuis 1998, les dignitaires se tiennent alignés et attentifs aux discours, dans une ambiance volontairement décontractée. La commanderie du Saulte-Bouchon champenois est officiellement née le 2 février 1975, à l’initiative de deux vignerons du Barsuraubois, Bernard Robert et Bernard Breuzon, et l’idée avait germé dès le début des années 1970. Leur ambition allait bien au-delà de la simple promotion du champagne, il s’agissait de transmettre une histoire et des valeurs.

Les dignitaires occupent des fonctions aux noms évocateurs : porte-flûtes, grand échanson, chancelier, connétable… Autant de titres inspirés de l’époque des comtes de Champagne et du monde viticole. Les costumes arborent le bleu et l’or, rappelant les armes des comtes de Champagne. Chaque intronisé reçoit une médaille et un diplôme, symboles de son entrée dans l’ordre.
« Les futurs chevaliers devant nous vont s’engager, envers et contre tous, à porter très haut l’honneur et le renom de nos grands vins de champagne », a annoncé Jean-Pierre Vézien.

Un nouveau dignitaire accueilli avec humour

Moment fort de la cérémonie, l’arrivée de Sébastien Pailley dans les rangs des dignitaires. Le viticulteur de Fontette, né en 1981, a été officiellement accueilli par le grand-maître, non sans une pointe d’humour. « Il est temps d’accueillir un nouveau dignitaire dans notre ordre après un essai transformé, et je peux vous dire qu’il n’est pas mauvais dans la troisième mi-temps », a lancé Jean-Pierre Vézien, sourire aux lèvres, déclenchant les rires de l’assistance.
Cette édition a également été marquée par l’intronisation de vingt nouveaux chevaliers. Tous ne sont pas viticulteurs, mais chacun entretient un lien fort avec le champagne. Pour chaque intronisation, anecdotes personnelles et pointes d’humour ont offert un moment aussi convivial que solennel.

Seuls les dignitaires ont l’obligation d’être vignerons aubois. Pour les chevaliers, les profils sont variés et le nombre n’est pas limité. Le rituel reste immuable : mirer, humer et déguster le champagne, prêter serment d’allégeance, s’engager à devenir ambassadeur du champagne à travers le monde et proclamer haut et fort : « Le champagne est le vin des rois, le champagne est le roi des vins », avant d’ouvrir une bouteille.

Cette année, ont été intronisés : Margareth Belorgeot, Julie-Marie Boussel, Hans Bruges, Christophe Cheutin, Clément Christophe, Michèle Dal-Farra, Luc Dassonville, Marc-Édouard De Zutter, Patrick Defert, Géraldine Ferteux, Lison George, Jérôme Godon, Christophe Jeanny, Gloria Jourdain, Léa Laval, David Leboucher, Olivier Leboucher, Bernard Plat, Sébastien Robert et Sato Takao.

Faites vos jeux

La cérémonie s’est poursuivie par une déambulation dans les rues de Bar-sur-Aube, jusqu’à l’espace Davot où les participants ont été conviés à un vin d’honneur sur le thème du casino. À cette occasion, le peintre Manuel Costa, connu sous son nom d’artiste Costam, a présenté une œuvre originale et surprenante : accompagné de son modèle, Aurélie, entièrement recouverte de peinture, il a offert au public un trompe-l’œil d’arlequin donnant l’illusion d’un costume. Or, il ne s’agissait que de peinture. Une apparition remarquée devant près de 230 personnes.
Un moment festif et convivial, propice aux échanges et aux retrouvailles, venu conclure ce chapitre du Saulte-Bouchon, sous le signe de la bonne humeur.