Photo : Les chaufferettes à granulé bois. © Photo Clément Robert.

Barséquanais. La météo fait craindre des pertes de récolte en ce moment ; ceci d’autant que les giboulées sont régulières. Quand le thermomètre approche le 0 et le négatif, certains vignerons font le maximum pour protéger leurs parcelles.
Ce jeudi, les vignerons barséquanais scrutaient l’horizon avec un œil sur les prévisions météorologiques. L’annonce de gelées pour la nuit les inquiétait ; ceci d’autant que des averses et de la grêle se sont invitées en début d’après-midi ici et là. Déjà dans la nuit du 14 ou 15 Mars, certains se sont relevés pour mettre en service les différents dispositifs permettant de protéger les vignes des gelées printanières. Des vignes très en avance par rapport au calendrier.
En avance d’un mois
Hélices, chaufferettes, système d’aspersion, bougies de paraffine végétale, sont en place et ont déjà servi dans le Barséquanais. «  La végétation est vraiment précoce cette année, relève Thibaud Brocard de Celles-sur-OurceEn avance de plus d’un mois sur la moyenne décennale. Si l’évolution se poursuit comme ça sans incident on peut penser vendanger vers le 10 août ! On voit vraiment les effets du changement climatique ! C’est extrême et rapide ! »
Si les vignes ont échappé au gel dans la nuit de mercredi à jeudi, les prévisions ne sont pas bonnes et tous s’attendent à se relever les nuits prochaines. «  Quand le sol est humide, comme ce jeudi, il est important de démarrer de bonne heure les hélices pour sécher au maximum les vignes. De toute façon, vers 1° C ou 0, on y va », explique Jean-Michel Grémillet de Balnot-sur-Laignes. Une hélice brasse l’air froid. Elle protège du gel entre 1,5 ha et 2 ha suivant son inclinaison et le terrain, voire le vent. «  De toute façon, on surveille et en plus on n’est pas à l’abri d’une panne. Au lever du jour, les températures baissent également donc on doit attendre », ajoute-t-il. Certaines hélices sont mobiles ; d’autres fixes.
De la coopération
Thermomètres et stations météo connectées donnent l’alerte, mais souvent, face à une situation tendue, les vignerons sont rapidement et préventivement en place. «  Le bouche à oreille fonctionne très bien. On se réveille les uns et les autres. On s’entend très bien ! », pointe Jean-Pierre Vézien de Celles-sur-Ource. Les vignerons sont réunis en Cuma (coopérative d’utilisation des matériels agricoles) par contrée viticole. Pour l’aspersion du côté de Celles-sur-Ource, de longs tuyaux installés sur les rayons diffusent une fine couche d’eau qui se transforme en glace, isolant ainsi les bourgeons des températures glaciales.
«  J’ai un temps de préparation assez long en plus de l’installation au préalable. Il faut donc que je le prévoie. Il faut une demi-heure environ pour allumer la cinquantaine de chaufferettes à granulé bois sur 20 ares. Je protège 60 ares », détaille, pour sa part, Clément Robert de Landreville. En 2021, cette installation de chaufferettes à granulé bois, qui a servi à sept reprises, lui a permis de sauver sa récolte sur 20 ares. Il n’installe des chaufferettes que si la météo l’en oblige contrairement aux tuyaux du système d’aspersion qui restent en place une fois montés – seuls les jets sont retirés et remis à chaque l’utilisation.
Ces prochaines nuits, les gelées impacteront-elles la récolte 2026 ? La réponse arrivera très rapidement.
« Quand le sol estvhumide, comme ce jeudi, il est important dedémarrer de bonne heure les hélices pour sécher au maximum  les vignes. »