Côte des Bar. Dans le cadre des dix ans en 2025 de l’inscription de la Champagne au Patrimoine mondial de l’Unesco, en lien avec la Mission Coteaux, maisons et caves de Champagne, Arnaud Lamoureux, sous l’égide de l’association Cap’C, proposera encore cette année différents rendez-vous.
Le Riceton Arnaud Lamoureux, responsable du comité de l’Aube de la Mission Coteaux, Maisons et caves de Champagne ne se lasse pas de vanter les paysages de la Côte des Bar qu’ils qualifient de « merveilleux ». Dix ans après l’inscription de la Champagne au patrimoine mondial de l’Unesco, des médiations sont encore programmées, surtout à destination des jeunes, pour que les regards soient plus insistants sur ceux-ci.
Des paysages et un bâti préservés
« Connaître nos paysages, c’est les valoriser ! Les respecter, c’est les protéger et ainsi transmettre nos valeurs, notre culture, notre identité aux générations futures », scande-t-il. La définition qu’il donne au paysage est simple : « Le paysage est une rencontre entre la réalité physique et le regard d’un observateur qui fait appel pas seulement à ses yeux mais à tous ses sens : le vent pour le toucher, l’ouïe pour le chant des oiseaux, la température, etc. »
Et Arnaud Lamoureux d’inviter le plus grand nombre à prendre du temps pour cette découverte qui peut se renouveler dans le temps, tant le paysage est évolutif soit avec la saison, la météo, mais aussi sous l’action de la main de l’homme : « Le paysage est vivant et tout le monde peut en profiter pour zéro euro ! ».
Le paysage est la première chose que le visiteur voit, bien avant ce qu’il est venu chercher. L’habitant ne mesure pas toujours son importance et sa qualité, habitué qu’il est à l’avoir sous les yeux : « une matérialisation de notre identité culturelle », résume le passionné. « Nous sommes ce que nous sommes parce que nous habitons dans cet environnement », glisse-t-il, pointant l’histoire des hommes comme étroitement liée à celle de la nature.
Une harmonie d’ensemble
« Nous avons un paysage rural tout autant qu’urbain », poursuit celui qui exerce la profession de viticulteur aux Riceys, et marche dans les pas d’un grand-père et d’un père qui lui ont fait très tôt admirer la « beauté » des paysages.
Des rencontres avec des experts en divers domaines, ou des historiens comme le couple Wolikow, son travail sur le sentier de la biodiversité et le portail des vignerons des Riceys notamment, ont fait grandir son appétit de savoirs sur ce qui l’entoure. « D’où que l’on soit, c’est très beau avec de la forêt, le village, le bâti, le vignoble, le patrimoine, l’eau, etc. Tout cela crée une harmonie d’ensemble qui participe à notre cadre de vie. Pour moi, c’est un bien d’intérêt général qui appartient à tout le monde»
Arnaud Lamoureux voit les paysages comme un « livre ouvert sur le passé » avec la géologie, l’histoire sociale et politique…
Un « témoignage du présent » avec le bâti préservé, du reboisement… mais aussi une vision d’avenir avec de nouvelles espèces, nouvelles forêts, etc. Et de citer des touristes qui reviennent depuis vingt ans chaque année, pour preuve d’un intérêt certain. Même Gaston Bachelard s’émerveillait déjà en son temps du Vallage* dans une définition qui correspond bien aux vallées de la Côte des Bar. Intarissable sur le sujet, Arnaud Lamoureux partage volontiers ses impressions lors de rendez-vous « Découverte du paysage vertical »
* Gaston Bachelard a écrit dans « L’eau et les rêves » édité en 1942 : « Je suis né dans un pays de ruisseaux et de rivières, dans un coin de la Champagne vallonnée, dans le Vallage, ainsi nommé à cause du grand nombre de ses vallons. »