Photo : Béatrice Richard montre l’ouvrage des Wolikow avec le premier flyer «fait maison» de la première animation sur la Route du champagne en 1995.
Barséquanais. Elle s’est totalement investie de longues années pour la viticulture, la Côte des Bar et le département. Béatrice Richard garde un œil attentif sur le Barséquanais.
Plus discrète que ces années dernières car voulant profiter de sa petite famille, Béatrice Richard n’en reste pas moins le témoin privilégié d’une époque où fut lancée la promotion de la viticulture auboise. Son enthousiasme, son sourire et son franc-parler lui ont permis de prôner le collectif à cet égard. À l’heure où les ventes de champagne sont moindres, les actions dont la fameuse Route du champagne en fête prennent un sens particulier.
Si le nom de Béatrice Richard est si connu, c’est que cette Essoyenne d’adoption a mis toute son énergie pendant de longues années au service de la viticulture, de la Côte des Bar et du département. « Dans les années 90, on sortait d’une crise et de mévente de champagne. À la Chambre d’agriculture, on se demandait comment aider les vignerons. Une salariée, Marie-Claire Noari, a conduit un groupe de travail sur ce thème », se souvient celle qui participait en tant que représentante de la Maison de la vigne; une structure à laquelle elle a toujours été attachée et qu’elle considère comme l’embryon de la Route du Champagne en Fête au niveau bénévolat et investissement collectif.
Une animation inédite est née
L’ensemble des acteurs de la viticulture, du tourisme, de l’hôtellerie et autres hébergements, etc. ont planché sur l’intérêt de l’œnotourisme dans ce cas. À l’évidence, tout le monde était favorable mais que faire ? « Il existait une Route du champagne dans la Marne qui avait l’air de fonctionner, reprend Béatrice Richard. Mais il fallait faire autrement et mieux, c’est-à-dire qu’il fallait créer en plus un logo, un slogan, un circuit, des caves labellisées. » De là, est né un comité de pilotage co-présidé par le conseil général et la chambre d’agriculture. « Les caves – volontaires – devaient créer un accueil qui répondait à un cahier des charges. On a travaillé là-dessus et en 1995, tout était prêt. C’est là que Philippe Adnot nous a dit : maintenant, il faut faire vivre cette route ! Alors nous avons travaillé sur les caves ouvertes, les animations et les villages. »
Les 1 er et 2 juillet 1995, toutes les caves et les villages de la Côte des Bar et Montgueux qui voulaient s’animer, pouvaient le faire. « L’association n’existait pas. C’était sans structure administrative. Nous avons fait avec les moyens du bord et acheté 5 000 flûtes pour la dégustation dans les caves. Et ça a marché ! » , détaille-t-elle avec des souvenirs et anecdotes plein la tête. Elle va, dans la foulée, à la demande de Philippe Adnot, président du conseil général, créer l’association de promotion du vignoble champenois (APVC) en 1996 qu’elle a présidée.
Des évolutions nécessaires
À partir de là, les bénévoles ont décidé d’animer deux Routes du champagne par an – une en Juillet, une en Août – et de reprendre les vallées viticoles pour délimiter des secteurs : « une folie furieuse » comme elle en rit. « Ça nous permettait de restreindre l’action, de mieux nous organiser et de concentrer la communication. Les vignerons de chaque secteur se sentaient aussi plus concernés. Des Routes du Champagne intelligentes et organisées ! », raconte-t-elle toujours en croyant à la force du collectif et du bénévolat pour une manifestation qui a commencé à 5 000 personnes pour atteindre déjà en 2010, les 40 000 visiteurs. Une évolution incroyable même dans ses rêves !
En l’an 2000 à cause du Tour de France, l’APVC n’a pas eu le droit de faire d’animation, mais les producteurs étaient présents sur l’événement. « Un partenariat étroit et très productif est ensuite né avec les gendarmes pour sécuriser la Route du Champagne » , n’oublie-t-elle pas de souligner, alors qu’il fut décidé d’animer un seul secteur par an, en alternant le Barséquanais et le Barsuraubois.
Mieux analyser les besoins et envies des visiteurs
Béatrice Richard a passé la main en 2010 à Pierre-Eric Jolly qui a ensuite passé le flambeau à Étienne Bertrand. L’APVC est devenue Cap’C.
La Route du Champagne a évolué et continue d’évoluer, attirant toujours énormément de monde. « Il faut qu’elle évolue tout en conservant ses racines. Il faut faire la promotion de la Côte des Bar, de ses vignerons, de ses champagnes. Il faut conserver les secteurs et les tickets de dégustation. Il faut arriver cependant à limiter l’accueil des soiffards, mais ce n’est certainement pas en augmentant le prix des passeports chaque année ! », pointe Béatrice Richard qui se réjouit que la Côte des Bar soit enfin reconnue, y compris de la part des Aubois.
Et d’ajouter avec sincérité : « La Route du champagne, ce sont des vignerons qui ouvrent leur cave et font déguster leurs vins. Ce n’est pas Ibiza ! Il faut rester dans l’authentique. Il faut choyer les visiteurs qui viennent découvrir la Côte des Bar et ses champagnes. Ce sont les ambassadeurs de demain . Quant aux vignerons, ils n’ouvrent et n’investissent pas pour rien, car ils vendent beaucoup. Il faut donc en convaincre davantage d’ouvrir et en cette période troublée, il faut expliquer tout cela, chiffres et détails à la clé ! »
Plus que jamais, alors que la conjoncture est difficile, Béatrice Richard trouve important de miser sur des actions collectives avec une analyse fine au préalable des besoins et envies des visiteurs. « On ne connaît pas suffisamment leurs attentes ! » , insiste-t-elle.
« Il faut que la Route du Champagne en fête évolue tout en conservant ses racines »



